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La petite histoire de la Vaunage
Vaunage
L'origine du mot Vaunage vient de l'adaptation française de l'occitan Vau Najas qui signifie
« Vallée de Nages ».
La Vaunage est une combe creusée dans le plateau des garrigues , finissant où coule le Rhôny. Cette dépression, encadrée de collines en amphithéâtre dépassant légèrement par endroits les 200 mètres d'altitude à l'ouest et au nord (point culminant situé sur le plateau de la Liquière à 215 mètres ; point le moins élevé, sortie du Rhôny au Pascalet près de Vergèze , environ 20 mètres) et aux pentes abruptes, est quasiment fermée. Elle ne communique facilement avec l'extérieur que par trois passages : l'un au nord-est, vers Nîmes , au col de Caveirac . Le second se trouve au sud, vers Vergèze et la plaine du Vistre, en direction de la mer, par lequel s'échappe le Rhôny. Enfin au sud-ouest, en direction de Sommières, peu après le village de Congénies.
Cette situation enclavée d'un point de vue géographique confère à cette microrégion un fort sentiment identitaire.
Le sol est argilo-calcaire et la flore essentiellement de garrigue composée de chêne kermès buissonnant et épineux et épais, de chêne vert s ou Yeuse , de pinèdes de pins d'Alep et de pins parasols . C'est aussi une région très viticole, essentiellement au niveau du terroir du Vieux Langlade (situé sur la commune du même nom), terroir prisé depuis le XVe siècle pour ses vins. Sans oublier la culture de l'olivier.
Aujourd'hui, ce petit pays, idéalement situé entre Nîmes et Montpellier, est soumis à une très forte pression démographique favorisant un urbanisme galopant.
Le début du XXIe siècle voit l'ancienne voie ferrée transformée en voie verte .
Le chef Camisard Jean Cavalier, au début du XVIIIe siècle l'appelait la « petite Chanaan », tout comme les Quakers de Congénies au XIXe siècle, qualificatif repris par André Chamson dans la Superbe.
Ce petit pays à vocation agricole à l'origine ( viticulture et oléiculture ) est tellement imprégné d'histoire qu'on a pu dénombrer plusieurs centaines de sites, gisements, établissements archéologiques sur l'ensemble de ses 10 000 hectares.
Cette vallée très favorable est peuplée régulièrement depuis le milieu du Néolithique comme en atteste le menhir de Congénies datant d'environ 2500 av J.C. Sept oppidums , peuplés notamment par les Volques, furent bâtis et occupés du VIIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle après. J.-C. :
- Oppidum de Nages-et-Solorgues ; sur la commune du même nom ;
- Oppidum de Roque de Viou, sur la commune de Saint-Dionizy, voisin de Nages ;
- Oppidum de la Liquière, sur le plateau au-dessus du hameau de Sinsans, sur la commune de Calvisson ;
- Oppidum de la Font du Coucou au-dessus de Calvisson ; massif de la Liquière.
- Oppidum du Roc de Gachonne au-dessus de Calvisson et qui porte aujourd'hui trois moulins ;
- Oppidum (probable) du Puech de Monceau entre Congénies et Calvisson avec mention d'un des plus anciens moulins à vent de France au début du XII e siècle ;
- Oppidum de Mauressip ou « Mouressipe », sur la commune de Saint-Côme-et-Maruéjols au sommet duquel on peut voir encore les soubassements d'une tour que l'on dit grecque.
L'oppidum de Nages demeure celui qui a laissé les plus importantes traces archéologiques.
Historiquement, cette région est très marquée par son passé de forte résistance protestante qui la rapproche de la culture cévenole. De beaux châteaux médiévaux dominent les vallées du Vidourle
comme ceux de Villevieille , Sommières , Aubais (ces derniers étant très proches, mais en dehors de la Vaunage), Boissières et les ruines de l'ancien château des Nogaret à Calvisson ou encore l'ancien domaine médiéval de Livières, entouré de douves et transformé en mas agricole au XIX e siècle . Les autres châteaux sont plus récents (Château de Caveirac, XVII e siècle ) ou sont en fait de très belles bâtisses provençales, des bastides ou de grands mas (comme les « châteaux » de Calvisson , de Clarensac, de Saint-Côme, le Château de Langlade ...)
La tradition taurine et camarguaise de la bouvine est très présente dans les alentours.
Elle se compose de neuf villages : Caveirac, Clarensac, Saint-Cômes et Maruéjol, Calvisson englobant Sinsans et Bizac, Congénies, Boissières, Nages et Solorgues, Saint-Dionisy et Langlade.
Caveirac :
Mentionnée en 893 : "Cavariago", la commune de Caveirac est située à 8 km à l'Ouest de Nîmes en direction de Sommières, aux portes de la Vaunage, plaine agricole très fertile. Le château édifié dans la seconde moitié du XVIIe siècle par Jacques de Boisson, noble seigneur issu d’une famille de marchands nîmois, il abrite aujourd’hui la mairie.
Le "Versailles" Languedocien comprend 118 pièces et 365 fenêtres. Son hall d’entrée a été classé monument historique, en raison de sa rampe d’escalier datant du XVIIème. Dans le parc, dont les plans ont été dessinés par Le Nôtre, poussent des arbres centenaires qui protègent bien des rayons de soleil les chaudes journées d’été.
L’autel taurobolique : à l’entrée de l’Hôtel de ville, imposant mais discret, repose un autel taurobolique où les druides puisaient le sang des animaux immolés pour arroser le prêtre ou le fidèle, dans le culte de Cybèle ou de Mithra.
La borne miliaire. Haute de 2 mètres, la borne miliaire, qui se dresse fièrement à l'entrée de la salle des fêtes, fut transportée à l'entrée de Caveirac, au XVe siècle depuis la Via Domitia.
L’église romane de Saint Adrien du XIIe siècle, est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.
Le temple édifié en 1861.
Clarensac :
« Clarentiacum », la villa d’un romain en 1027 (cartulaire de Notre Dame de Nîmes), après Clarenzagum en 1121, Clarenzacum en 1125, Clarenciacum en 1151, Clarenzac en 1155, Clarensiacum en 1208, Decimaria Sancti-Andreœ de Clarenciaco en 1298 (cartulaire de st Sauveur de la Font), après Clerenciacum et Clarensiacum, devint Clarensac en 1435, puis se retrouve en Locus de Clarenciaco en 1461 (registre copie de lettres royaux) à Saint André de Clarensac en 1706
Il y a très peu de renseignements sur l’histoire du village durant l’occupation romaine, puis pendant l’invasion des Barbares et même du début du Moyen-âge. Il faut arriver au partage de l’empire de Charlemagne en 843, pour trouver le nom de « Clarentiacum ». Ainsi, on sait que Dalila, Gouverneur de Septimanie, donna en 842 des terres de Clarensac à l’Abbaye de Psalmody, près d’Aigues Mortes.
Peu après, Clarensac fait partie des domaines des Comtes de Toulouse. Au fil du temps, ces derniers déléguèrent leur pouvoir aux Comtes de Nîmes et à divers seigneurs. On parle en 1075 de Guillaume de Clarensac et, en 1159 de Girard de Clarensac. En 1248, Guiraud de Clarensac est chevalier des Arènes de Nîmes. En 1296, Pons de Clarensac est nommé Consul de Nîmes.
Clarensac a, à cette époque, trois églises : Saint-André, Saint-Etienne-d’Alvernes et Saint-Romans.
Elles ne figurent pas sur la bulle du Pape Urbain IV de décembre 1156 comme biens du chapitre de Nîmes. En 1264, le seigneur Bécan d’Uzès vendit au roi Saint-Louis pour 2 000 livres de rentes annuelles, la seigneurie de Calvisson et ses dépendances : Saint-Côme, Clarensac, Caveirac et Saint-Césaire. On peut penser que le roi Saint-Louis en 1248, et en 1270, les croisés se rendant à Aigues-Mortes, traversèrent Clarensac.
En effet, il y a une cinquantaine d’années, un cultivateur labourant son terrain, trouva des ossements humains et une croix de 30 centimètres. Cette croix en cuivre émaillé, avec un Christ aux yeux de perles, devait appartenir à un croisé, selon les estimations des conservateurs des Musées de Nîmes et d’Arles.
À cette époque, Clarensac était un lieu fortifié possédant un rempart avec plusieurs tours et un château. La Porte du Nord dont le porche existe toujours à côté de la Poste, était défendue par la tour devenue l’horloge actuelle. La Porte du Sud, défendue par la tour dite « de Gazagne » correspond aujourd’hui à l’entrée de la rue du Four. L’ancienne porte d’Ouest se situait à l’entrée de la rue Coste, et l’ancienne porte Est, est devenue la rue de l’Eglise.
Philippe IV le Bel, petit-fils de Saint-Louis, connut quelques démêlés d’ordre financier avec le pape Boniface VIII. Il fut aidé par des légistes, dont le plus important Guillaume de Nogaret, professeur de droit à Montpellier, envoyé en Italie, attaqua le vieux pape ! Il reçut en récompense du roi, la seigneurie de Calvisson, légèrement agrandie le 13 juillet 1304.
Au XIVème siècle, épargnée par la Guerre de cent ans, dont les combats se livraient plus au Nord, Clarensac fut pillée régulièrement par les soldats désœuvrés devenus bandits, puis par les Tuchins, miséreux révoltés qui formèrent une véritable jacquerie en Languedoc. Puis, la peste noire, la famine et un tremblement de terre en 1348, décimèrent la population.
Au XVe siècle, les habitants de Clarensac adoptèrent la religion nouvelle. La guerre de religion ne tarde pas à éclater. Le 8 juillet 1628, Rohan qui conduisait alors les Protestants est vaincu par les Catholiques conduits par Montmorency. Clarensac envahi, 100 protestants sont tués, 100 autres faits prisonniers. En 1567, la peste réapparaît.
Lors de la Révolution française, le seigneur de Clarensac s’appelle Boileau de Castelnau.
Le 12 août 1789, Clarensac eut sa milice communale.
En 1830, un temple est bâti.
Au XIXe siècle, Clarensac est essentiellement une commune agricole (vignes et oliviers). À la fin du siècle, l’apparition du Phylloxéra entraîna le départ de quelques ouvriers agricoles à Nîmes ou aux mines de la Grand-Combe.
Avec le XXe siècle, Clarensac devient prospère malgré la mévente du vin : le vin valait alors un sou le litre ! De nombreux cultivateurs de Clarensac assistèrent aux manifestations de Nîmes le 2 juin 1907 et de Montpellier, le 9 juin 1907, où ils furent conduits dans des wagons à bestiaux.
Le village souffrit des 2 guerres mondiales. Il découvrit les joies de « la fée Electricité » le 20 mai 1905 et les rues du village furent éclairées en 1910.
Sa cave coopérative fut construite en 1925, ses coopératives de producteurs de Chasselas « Copédor » et « l’Authentique », en 1937.
Gros producteur de raisins de table (Chasselas) et autres vins de pays de 1950 à 1980, le village a vu sa production chuter et sa cave coopérative fermer, il y a quelques années et démolie vers 2004.
La Tour de l'Horloge : à la fois tour de défense et de guet, le campanile de l'horloge n'a cessé d'être utile aux habitants, tout en changeant de rôle.
La Fontaine du Griffe
Les 2 Tours restantes des anciens remparts moyenâgeux, mais aussi les rues à l’intérieur du vieux
village (dont celle des Parapluies fermés).
La Côte de Clarensac, point culminant de la Vaunage, offre une magnifique vue sur le littoral.
Saint Cômes et Maruéjol :
Née de la fusion de Saint-Côme et de Maruéjols en 1812, la commune de Saint-Côme-et-Maruéjols se situe à 12 km à l’Ouest de Nîmes.
Le site du Moulin du village : Datant du XVIe ou du XVIIe siècle, ayant cessé son activité à la fin du XIXe siècle, le moulin de Saint-Côme, planté sur la colline à 200 mètres d’altitude face à la tour grecque du Mouressipe offre un panorama sur la Vaunage. Le regard parcourt l’horizon de la chaîne des Baux au Pic Saint Loup. L’Oppidum de Mouressipe datant de l’époque romaine. Autres monuments : église, temple.
Calvisson :
Période Gallo-romaine : Située dans le bassin méditerranéen et à proximité de l’importante ville antique de Nîmes, le village de Calvisson ne peut qu’être concerné par cette période de l’Histoire. En effet, des vestiges de bâtis agraires ainsi que des sépultures du Ier et IIème siècle avant Jésus-Christ ont été mis à jour faisant preuve d’existence d’habitat gallo-romain. Plusieurs villas ont aussi été recensées. D’autre part, la voie romaine, voie secondaire, qui reliait Nîmes à Lodève se situait à quelques mètres de l’actuelle départementale 40 qui relie Nîmes à Sommières.
Période préhistorique : Cependant, la présence la plus ancienne reconnue à Calvisson est le « cimetière néolithique » de Canteperdrix. Site classé Monument Historique depuis 1913, il nous présente plusieurs pièces souterraines datant de la fin du IIIème millénaire avant notre ère. Il a subit une première campagne de fouilles qui avançait l’hypothèse de deux à trois inhumations et sépultures par incinération dans des sortes d’hypogées, soit des chambres funéraires en pierre sèche voûtées avec couloir d’accès. Des cendres ont été découvertes et elles étaient accompagnées de flèches de silex, de hachettes polies et d’objets d’ornement divers dont des vases, mobilier qui se trouve au Muséum d’Histoire Naturelle de Nîmes. Les fouilles de 1962 ont confirmé la présence de pièces rectangulaires, étroites, donnant sur des structures souterraines, cependant la fonction de cimetière n’est pas évidente et l’hypothèse la plus probable serait celle de logettes à fonction rituelles.
Moyen âge : En 1304, le roi Philippe le Bel fait de Guillaume de Nogaret le seigneur de Calvisson et de la Vaunage. Il prend alors possession de la demeure royale de Calvisson. Ce château construit dans le courant du XIème siècle est cédé par la maison d’Uzès en 1264 au roi de France. La construction principale jadis maison des Vicomtes puis des rois de France se composait de deux tours de près de 20 mètres de hauteur et d’une salle intermédiaire de 27 mètres de longueur. Malheureusement, il fut démantelé pendant les guerres de religion. En 1597, le baron Jean de Louet commence la reconstruction qui n’aboutira pas. Il n’en subsiste aujourd’hui que quelques pans de murs et deux salles. En 1714, un moulin à blé fut construit au sommet de la colline, centre du château. Il a été transformé en mausolée et est toujours visible.
Guerres de religions : Village au cœur des guerres de religion, il fut pris et repris aux mains des protestants. En 1704, Cavalier et ses troupes y résidèrent une dizaine de jours. La tenue d’assemblées protestantes y était tolérée. Il s’agit de la Décade de Calvisson qui connut un succès important car de nombreux protestants du midi de la France venaient y célébrer le culte. Dès 1561, une partie de l’ancien moulin à huile, place du pont, sert de temple jusqu’à la construction du premier temple en 1649.
Eglise : de Saint Saturnin, mentionnée aux archives en 1016 a été profondément modifiée depuis et n’a rien de comparable à ce qu’elle fut à l’époque féodale. Une partie du monument médiéval fut abattue, et l’autre partie fut conservée et soutenue par des contreforts. Elle tomba en ruine après la révolution. Temple de la raison en 1794, temple protestant en 1810, l’église est rendue aux catholiques en 1816. Elle est inscrite aux Monuments historiques depuis 1949. Le tableau qui l’orne est une copie, sans doute du XVIIIème siècle, du Mariage mystique de Sainte Catherine d’Alexandrie en présence de Saint Sébastien du Corrège (1489-1534).
Halles : L’actuel bâtiment des halles date de 1895, cependant un édifice antérieur construit en 1646 en pierre existait au même emplacement. Le roi Henri III, en 1583, avait autorisé la tenue de quatre foires et d’un jour de marché par semaine: le jeudi sur ce même emplacement, à découvert.
Mairie : L’actuel édifice de la Mairie date de 1848, il fut construit sur l’emplacement de l’ancienne Maison consulaire. La cloche qui est placée dans son campanile était celle du temple de la Calade de Nîmes qui a été refondue à l’état actuel en 1661. A la suite de la révocation de l’Edit de Nantes (18 octobre 1685), elle était destinée à l’église Sainte Eugénie de Nîmes mais de part ses inscriptions « Sans avoir l’usage de la parole, j’appelle aux assemblées saintes les Saints habitants de la cité qui honorent le Christ dans la pure religion » et « Pour Messieurs de la religion réformée de Nîmes pour servir à leur grand Temple » elle fut refusée. Achetée par Calvisson, elle fut d’abord placée sur l’immeuble du grand four puis transférée dans le beffroi de la Mairie dès l’achèvement de sa construction.
Hameau de Sinsans & de Bizac
Congénies :
L'Eglise Notre Dame de Congénies : Edifice classé Monument Historique depuis 1949. Mentionnée pour la première fois en 1156, la construction primitive fut intégrée à un système défensif au XIVème siècle (reste de peintures murales dans le coeur). Saccagée à de nombreuses reprises au cours des guerres de religion opposant catholiques et protestants.
Elle est reconstruite et agrandie après la révocation de l'Edit de Nantes (1685). A cette occasion l'ancien temple protestant est démoli et sa porte est remontée sur la nouvelle façade de l'église. L'intérieur sera décoré de remarquables fresques présentant des motifs végétaux de rinceaux de feuilles d'accantes et de draperies dans un pur style baroque.
En 1702 l'église est à nouveau vandalisée par jean Cavalier et ses troupes.
En 1752 la commune décide de l'édification d'une tour clocher comportant un campanile. On accède à la terrasse par un bel escalier à vis.
Réaffectée au culte protestant sous la révolution, elle est assez rapidement rendue aux catholiques qui devront cependant attendre la seconde moitié du 19ième siècle pour procéder aux derniers aménagements intérieurs : statues, vitraux maître autel, candélabres, nouvelles peintures dans le coeur avec la réalisation de la voûte céleste.
Temple Protestant : Edifice de vastes proportions construit grâce aux dons des fidèles en 1818.
Possédant une grande façade néo-classique surmontée d'un clocher pignon abritant la cloche de la Concorde.
Menhir de Peyra Plantada : Monument mégalithique datant de 3500 av J.C.
Source wikipédia
Boissières :
Habitants : 484, les boissiérois. Superficie : 380 ha. Altitude : 88m
Étymologie : du latin buxus = buis, lieu où pousse le buis.
Formes anciennes : Villa Buxarias (895, cartulaire de Nîmes), Ecclesia de Bosseriis (1156), Boysseriae (1322), Boycheriis (1386), Boissières (1435).
Sobriquet des habitants : on les appelle les « soupo san lùn », où « soupe sans lumière ». En effet, comte tenu de l’exposition des rues du villages par rapport au soleil, les habitants de Boissières étaient réputés souper le soir à la lumière du soleil couchant, sans avoir besoin de bougie. Le village se trouve en retrait de la voie menant de Nîmes à Sommières et le long du Chemin Salinié reliant
Aigues Mortes à l’intérieur des terres par Clarensac. Ce chemin existait dès le néolithique et permettait de transporter le sel, le poisson et les coquillages de la côte vers l’intérieur des terres.
La première trace écrite concernant la communauté de Boissières apparaît en 895 sous le terme de Villa Buxarias. On dénombrait 20 feux en 1322, soit une centaine d’habitants imposables environ.. Au Moyen Age, l’agriculture était dominée par les céréales, l’olivier et dans une mesure moindre la vigne. A la fin du XVIème siècle, la population atteignait près de trois cent habitants, répartis dans les habitations « tanquées » au pied du château des calvières. Le compoix de 1610 mentionne une réoccupation des sols sur la jachère : déforestation, réensemencement de parcelles désertées. Il est fait mention du lieu dit des Claux « sur coteau et colline […] la parcelle est défrichée avant 1610 […] murettes en pierre, déforestation, des vignes nombreuses, étaient apparues. » (Le Roy Ladurie). Plus tard, au début du XVIIIème siècle, la friche est de retour.
A partir de 1560, les idées de la Réforme ont beaucoup de succès en Bas Languedoc. Boissières sera incendiée pendant les guerres de Rohan. L’existence d’un temple est attestée à l’emplacement de l’actuelle place de la mairie en 1649. Mais il fut détruit conformément à l’Édit de Fontainebleau en 1685. Le culte fut interdit à Boissières en même temps que Mus. Il était interdit aux pasteurs de se rendre dans le village pour y prêcher.
Cette situation conduit de nombreux villageois, du moins ceux qui en ont les moyens, à quitter le pays et se réfugier en Suisse ou en Allemagne. La répression n’empêche pourtant pas les parpaillots de se réunir secrètement dans des grottes, dans le cadre d’assemblées clandestines impitoyablement réprimées. À Boissières, celles-ci se déroulaient parfois à la combe des Morts. L’une de ces assemblées fut surprise sur la base de dénonciations par les dragons du Roi et sept personnes furent arrêtées : six seront condamnées aux galères à vie et la septième, un vergézois nommé Jacques Bétrine, sera pendu à Aigues Vives.
Lors de la guerre des Camisards, la Vaunage sera le théâtre de plusieurs combats : Le 12 septembre et le 12 novembre 1703, et enfin celle qui mit un terme au conflit le 17 avril 1704. Il s’agit de l’une des plus grandes batailles rangées, car jusqu’à présent, les rebelles avaient préféré la stratégie de la guérilla de campagne, caractérisée par des escarmouches suivies d’un décrochement rapide des assaillants. Les centaines de morts de toute la guerre resteront dans la mémoire des noms de lieux : lieu-dit du Champs de Bataille, Combes des Morts.
Le site dit du Champ de Bataille dans la plaine de Boissières
La bataille du 17 avril 1704 marque une cuisante défaite pour les camisards. Le chef rebelle Jean Cavalier est contraint de négocier les conditions d’une reddition honorable. Il doit quitter le pays avec quelques camarades, se voyant offert les charges de colonel de régiment ainsi qu’une pension annuelle. La guerre des Camisards va prendre fin.
Nages et Solorgues :
Nages étymologie rappelle le souvenir d’un homme latin Annavius. Villa Anagia en 895, Ecclosia de Anagia en 1156, Anages en 1435 et Nages-et-Solorgues en 1650.
Solorgues villa quœ vocatur saravonicos en 960, Sarovonegues en 1169, Serorgues en 1435. Nages appartenait avant 1790 à la viguerie et au diocèse de Nîmes, archiprêtré de Nîmes. La terre de Nages fut possédée jusqu’en 1555 par les mêmes seigneurs que celle d’Aubais, elle passa ensuite aux familles nîmoises de Pavée, de Barrière, de Rochemore, de Bérard et du Caylar, puis dans celle de La Rochefoucauld. Le prieuré de Saint Saturnin de Nages uni à la mense capitulaire de Nîmes valait 2200 livres. Le lieu de Sérorgues ou Solorgues faisait partie de la viguerie et du diocèse de Nîmes, cette terre a eu les mêmes seigneurs que ceux de Nages.
A une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Nîmes, dans la plaine de la Vaunage, la commune de Nages et Solorgues s’étend en rive gauche du Rhôny. Le territoire communal est constitué pour une moitié d’une plaine où est cultivée la vigne et pour l’autre moitié de collines couvertes de garrigues, occupées par l’urbanisation ou les boisements. Le ruisseau du Rhôny marque sa limite avec la commune de Calvisson. La colline de l’Oppidum de Nages domine sa plaine parcourue de chemins agricole et de fossés qui quadrillent la plaine et drainent les eaux de ruissellement. Une grosse partie est devenue aujourd’hui pavillonnaire. La commune a donc beaucoup changé, mais le bourg ancien a su conserver un charme rural avec sa place devant la mairie qui accueillait un maraîcher ambulant lors de notre passage. Cachet renforcé par la qualité architecturale de la mairie, du griffon qui vient y apporter sa fraîcheur, la proximité du temple (ancienne église) et de l’église elle-même. Le curieux ira jusque sur les hauteurs de la commune voisine de Boissières pour en avoir une vue d’ensemble. Pour ce faire, il ne manquera pas de faire un détour par Solorgues, hameau de la commune qui a su davantage encore conserver un charme d’antan. (G.Darel)
L’oppidum celtique qui commandait la vallée du Rhôny est le fleuron de la commune. C’est l’un des sites préromains du Midi de la France dont l’importance des vestiges et la relative bonne conservation de son environnement architectural sont les mieux conservées. Le patrimoine communal est riche avec deux griffons (au centre du village et devant la mairie), un lavoir. L’association « Nages,garrigue et pierre sèche » recense 60 cabanes (ou capitelles) sur la commune. Elle a recensé des murs particuliers ainsi que des escaliers, caches, drains. Depuis 1992 l’association a remis en état vingt cabanes. Il faut souligner qu’à partir de ses recommandations, la mairie a pris un arrêté municipal interdisant la destruction des capitelles. La fontaine romaine est un monument historique à Nages, qui date du Vème siècle avant notre ère elle a été rénovée en janvier 1989. Son réservoir à environ 5 mètres de la fontaine au bord de la route a été rénové en même temps que celle-ci. Le pont d’Argnac, pont romain à 3 arches, encore en service entre Nages et Calvisson, permettait le franchissement de la rivière Rhôny à la voie antique de Nîmes à Lodève. Au premier étage de la mairie se trouve le musée municipal qui abrite une petite partie des découvertes archéologiques de la commune. Notons enfin que le village avait trois moulins : le moulin d’Argnac en amont du pont romain, le moulin en aval de la source du Ranquet dont il ne reste aucune trace et le moulin à vent de Capel, aucune trace de ce moulin situé au sud de Nages et à l’ouest de l’Agau.
Habitée depuis la préhistoire, Nages est le lieu incontournable pour tous ceux qui souhaitent visiter le riche patrimoine archéologique de la Vaunage. Deux communautés la composent. les Solorguais
(jadis complètement séparé de Nages par une petite route) et le Nageois. Aujourd'hui elles se rejoignent. L'activité économique de la commune s'est beaucoup réduite en un siècle.
Les griffons : Nages n’est pas en manque d'eau. Une source pérenne coule par ces griffons et son lavoir. La première devant la mairie. La seconde au centre du village sur la place du griffon. La troisième appelée "Fontaine Romaine" plus haut sur le chemin qui vous conduit vers l'Oppidum des Caste ls.
Le temple fut bâtie sur l’emplacement de l’ancienne église de 1658 incendiée par Cavalier en octobre 1703.
L’église fut construite en 1847 grâce à la vente en 1803 de l’ancien presbytère. Solorgues avait une église en partie détruite, dés les origines de la réforme, elle sera abattue en 1622. Reconstruite au XVIIème siècle elle est cédée aux protestants par un décret de 1803.
Saint Dionisy :
À vocation agricole et tertiaire, la commune de Saint-Dionizy est située au cœur de la Vaunage, côté ouest de Nîmes.
Il semble bien que, dès l'origine, le village construit sur cet oppidum se soit appelé Veo, ou Veia, ou Viou. Pendant la période de la colonisation romaine, les habitants sont descendus de leur oppidum
celtique pour bâtir leurs maisons dans la plaine, autour de la fontaine, et plus tard autour de l'église.
Ce n'est que dans une bulle du pape Adrien IV pour l'église de Nîmes (10 décembre 1156), que dans l'énumération des possessions foncières en Vaunage de l'évêque Aldebert et du chapitre de sa
cathédrale, on trouve nommée pour la première fois une "ecclésia de San Dionysien".
Par là, nous apprenons que l'église du village était sous le patronage de Saint Denys et que le village portait le nom de son saint patron, Saint Dionisy. Nous savons aussi qu'en 1305, le roi Philippe IV le Bel donna à son ministre, Guillaume de Nogaret, les rentes des villages de la Vaunage, parmi lesquels Saint-Dionizy. C'était un petit village puisqu'en 1384 il ne comptait que 4 feux. En 1644, Saint-Dionizy était en dépendance du marquisat de Calvisson, et cet état de fait dura jusqu'à la révolution. C'est alors que fut créé le département du Gard, divisé en huit districts, dont celui de Sommières auquel appartint Saint-Dionisy. En 1791, le village de Saint-Dionisy comptait 60 feux, soit un peu moins de 200 habitants.
La première église de Saint-Denys-en-Vaunage dut être construite au Xe siècle et fut plusieurs fois reconstruite et agrandie au XIIe siècle. C'était un prieuré qui dépendait de Nîmes. On connaît les
noms des prieurs de la fin du XVIe siècle jusqu'à la révolution qui mit fin au culte. Aux XIVe et XVe siècles, le pays connaît de nombreuses disettes et des troubles qui déciment la population.
D'autre part, au XVIe siècle, la Réforme se répand dans toute la Province.
D'abord clandestine, elle s'affirme bientôt au grand jour, et s'engage alors une sorte de guerre civile entre Catholiques et Protestants. Cette guerre de religion se double aussi de violentes oppositions politiques et sociales entre le pouvoir du Roi et la Province. Malgré une série d'édits de pacification, malgré même l'édit de Nantes en 1588, les hostilités continuèrent dans toute la Province. Saint-Dionisy, éloigné des centres urbains principaux n'a probablement pas eu beaucoup à en souffrir, et l'on sait que jusqu'à la révolution il y eut conjointement un temple et une église, un pasteur et un curé, dans le village. Mais lorsque la liberté fut rendue au culte religieux, seul le temple rouvrit ses portes. Avant 1820, le temple était transféré dans l'église, ce qui permet de penser que le village était alors presque totalement protestant. Lorsqu'en 1828, la translation du cimetière fut décidée, on constate qu'il fut divisé en deux parties : 100 m² pour les catholiques et 500 m² pour les protestants.
Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Le XIXe siècle vit le développement du village. En 1821, construction d'un moulin-à-vent, en 1823, aménagement de la fontaine, en 1835, du lavoir, en 1873, de la tour de l'horloge, en 1876 la création de l'école.
L'occupation des sols montre très bien quelles étaient les ressources du village. Au XIXe siècle, les vignes occupaient dix fois plus de terrain que les vergers d'oliviers, et les pâtures deux fois et demi.
On voit donc que le vin était la principale activité des gens du pays, les côtes de Nîmes étaient très cultivées. On organisait des coopératives dans chaque village, les principales maisons du village avaient leurs cuves à vin et des chais. Le vin était exporté dans toute la France par les lignes de chemin de fer que l'on commençait d'établir. La Vaunage était desservie par le chemin de fer de Nîmes au Vigan. Petit à petit la monoculture l'emporte. Les oliviers sont arrachés, l'élevage est complètement abandonné. La vigne absorbe toute l'activité de la région. Le XXe siècle apporte de nouvelles transformations. La population augmente rapidement. Il y avait 200 habitants au début et jusque dans les années 70, il y en a plus de 600 à la fin. La culture de la vigne reste importante, mais se trouve concurrencée par la diversification de l'artisanat. Les communications par autobus remplacent le chemin de fer, la convivialité supplante heureusement les guerres de religion. La population se diversifie.
L’oppidum de Roque de Viou se trouve à moins de 100 mètres de l’oppidum de Nages. Les travaux menés de 1968 à 1973 ont permis de montrer que le site avait été occupé à trois monuments distincts.
La première phase de l’habitat se place au VIIIe siècle et au début du VIIe siècle avant J-C. Cette première occupation couvre tout le grand plateau de Roque de Viou et les premières pentes qui dominent la plaine de la Vaunage. À cette époque, on construit de très nombreuses cabanes en matériaux périssables, dont la base est creusée dans le rocher calcaire. Sur un sol grossièrement battu, l’on établit le foyer et l’on entasse des vases à provision, dont l’étude permet d’attribuer la culture des premiers habitants de Roque de Viou à l’extrême fin de l’Age de Bronze.
Roque de Viou est abandonné au cours de la première moitié du VIIe siècle et complètement déserté durant près de 200 ans. Vers 380 – 360 avant J-C, se fonde une nouvelle ville sur l’emplacement du précédent groupement de cabanes. Elle est entourée sur trois côtés par un puissant rempart en pierres sèches, dont le plan quadrangulaire sera peu à peu complété par des cloisons et des ajouts de divers types.
La seconde ville de Roque de Viou sera occupée moins d’un siècle. En effet, vers 290 – 280 avant J-C, elle est entièrement abandonnée et la population va fonder un nouvel oppidum sur le site voisin de Nages.
Vers 25 avant J-C, quelques bâtiments, dont la fonction exacte échappe encore aux archéologues, mais qui font certainement partie d’un édifice public, seront construits en dehors de l’enceinte du IVe siècle. Leur vie sera courte puisque leur destruction interviendra avant 50 après J-C. Cette troisième étape, qui appartient au début de la période gallo-romaine, ne correspond pas à un habitat sur l’oppidum de Roque de Viou, et, de ce fait, apparaît comme une réoccupation particulière et isolée.
Après cette ultime manifestation de vie, le plateau de Roque de Viou ne sera plus habité. Il sera en partie cultivé durant tout le Moyen-âge. Il se peut néanmoins qu’un village médiéval se soit établi à proximité de l’ancienne forteresse. Son nom, Roque de Viou, est en effet attesté à plusieurs reprises dans des cartulaires et sur des cartes où, entre Nages et Saint-Dionisy, correspond à l’oppidum protohistorique. Mais, la recherche archéologique n’en a pas pour autant retrouvé la moindre trace.
Temple du XIe siècle.
Langlade :
Jadis, Langlade s’écrivait « l’Anglade ». L’on trouve de même, dans des attestations latines « Anglata » dès 1125 et « Anglada » (« terrain en forme d’angle » en occitan ou provençal) au XIIIe
siècle. À cette époque, la commune comptait 65 feux. En 1384, on n’en comptait plus que cinq, la fameuse peste du milieu du XIVe siècle ayant fait de terribles ravages. On rencontre fréquemment
ce nom de village en pays d’Oc. Ce fait est dû à ce qu’autrefois, on utilisait toujours la terre cultivable.
Le Moulin-à-vent : Ce moulin est situé sur une hauteur dominant Langlade. On y accède par le Chemin du Moulin-à-vent. Le moulin de Langlade est mentionné pour la première fois en 1211, lors
d'une reconnaissance passée par Guillaume Alban, pour deux terres sises au lieu dit "Ad Molinar" (au Moulin). Le Cartulaire du Chapitre de Nismes, fait de même état de possessions ecclésiastiques
sur le territoire de Langlade.
En 1597, deuxième mention lors de l'établissement du comtois à clausades, concernant la redevance foncière.
En 1634, la Carte de Tassin situe le moulin sur une hauteur.
En 1693, le moulin est encore un bien noble, il est donc exempt de taille. Aujourd’hui, il est connu comme « Moulin de Cavalier » en souvenir de la halte faite par Jean Cavalier, chef Camisard, le 15
avril 1704, jour de la défaite à Nages. Sa troupe composée de 800 fantassins et de 200 cavaliers quitta Caveirac où ils avaient logé la nuit pour rejoindre Langlade. À la fin de l'après-midi, cerné de
toutes parts, Cavalier gagne les hauteurs de Langlade. Embusqué près du moulin, le Bataillon de Hainaut (dragons du Roi) l'attendait. Ce fut le moment le plus sanglant du moulin… En 1781, le
moulin est situé sur la carte de Cassini.
En 1809, le moulin est mentionné dans le recensement des moulins en activité.
En 1835, il est mentionné sur le cadastre Napoléonien. À l’époque, de grandes surfaces étaient réservées aux céréales et l’activité du meunier était importante en Vaunage. Jusqu’à l’apparition de
meuneries dites industrielles en 1809 à Nîmes et à la disparition des céréales au profit de l’extension des vignobles, au début du XIXe siècle.
En 1868, le moulin est mentionné sur le dictionnaire topographique du Gard de E.Germer-Durand.
En 1906, trente hectares de pins d'Alep sont plantés au Castellas et au Moulin à Vent.
En 1992, il devient propriété de la commune. Le moulin à vent "Cavalier" a été restauré le 19 juin 2004. Récemment restauré dans son authenticité, il est actuellement en parfait état de marche avec
une toiture tournante qui permet au meunier de suivre la direction du vent. Outre sa tour en forme de fût cylindrique régulier, l’on peut noter la noblesse de sa couronne en pierre de taille qui
supporte un toit orientable mais aussi ses meurtrières mystérieuses, dont l'usage a pu être la ventilation des meules et du mécanisme, évitant ainsi l'échauffement. Son équipement est classique,
une paire de meules entraînées par les ailes à toiles.
Le temple. Pendant le Moyen-âge, le temple actuel faisait partie du diocèse de Nîmes. D’après une ancienne charte de 430, sous le règne de Louis IV, il fut offert au chapitre de la cathédrale de Nîmes
et le quart de ses revenus allait aux évêques, les trois quarts au prieuré de Saint-Baudille.
À la fin du XVIIe siècle, Monseigneur Séguier vint visiter la paroisse. Il trouva l’église ruinée et cinq catholiques dans le village. Au moment de la révocation de l’Edit de Nantes, on enregistra de
nombreuses conversions.
Suite à un rapport du Ministre des Cultes, en date du 27 ventose An XI, le premier Consul prit un décret le 8 Germinal An XI qui donnait définitivement l’église aux Protestants (cet édifice était à
l’époque une des rares églises fortifiées). Le temple ne manque pas d’allure. On y accède par une petite rue bordée de vieilles maisons et l’on se trouve devant une abside formée de murs épais en
moellon et séparés par des pilastres. L’édifice est surmonté d’un joli clocher. La sobriété intérieure de ce lieu de culte huguenot souligne la majesté imposante d’une voûte en plein cintre.
Le lavoir, Les bassins du Lavoir de la Fontaine furent construits en 1822.
Le 27 juillet 1817, le Conseil municipal décide une souscription volontaire. Le besoin de bassins est tellement important que la souscription rencontre un vif succès: 100 engagements !Un premier plan
est proposé par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Léon Durand en 1819 : plan qui sera modifié en 1822. Le 21 septembre, quelques conseillers municipaux écrivent au Maire pour demander
l’élargissement à cinq pans des lavoirs, pour permettre le travail de deux femmes en vis-à-vis.
En 1834 et jusqu’à son décès (1850), l’un d’entre eux, Louis Card, poursuivra la commune pour divers litiges en rapport avec les bassins (construction et nettoyage d’aqueducs pour l’évacuation
des écoulements des bassins).
Les lavoirs devaient, en 1891, bénéficier d’un aménagement appréciable. Antoine Dombre, respectant les dernières volontés de son frère Henri-David fait construire « un hangar pour abriter
les lavoirs publics. Les laveuses seront désormais à couvert de la pluie et du soleil ». En remerciement, la municipalité fait placer une plaque commémorative que l’on peut toujours lire.
Au XIXe siècle, la recherche d’eau devient inévitable ainsi que le renforcement du débit des sources déjà en fonction. Des essais sont effectués pour améliorer le débit de la fontaine qui alimente le
lavoir.
En 1902, le maire soumet à son conseil municipal un devis pour ouvrir une galerie « à travers le massif qui domine le village » afin de rechercher de l’eau. Le projet peu coûteux est garanti par le
savoir-faire de son auteur, l’architecte J. Séraphin, qui affirme que seul un drainage permet de capter le volume d’eau propre nécessaire pour augmenter le débit de la fontaine. En 1905, la
municipalité achète 390 m2 de terres au Cabanis dans laquelle est établie une galerie de captation.
Une galerie de quelques dizaines de mètres est creusée, elle est d’ailleurs encore visible de nos jours. Mais, le doute est permis sur son efficacité quant au volume d’eau drainée. La galerie ne
semble pas avoir été menée à terme.
Le Four à Pain
La gare de Langlade est située sur ce qui fut la ligne « Nîmes-Le Vigan-Tournemire-Roquefort ».
Cette dernière section de ligne était destinée à assurer le transport des militaires vers le Larzac. Pour comprendre le rôle de la gare de Langlade, il faut appréhender la création des différentes lignes
liées entre elles. Dès le 11 mars 1872, une ligne est ouverte entre Lunel et Sommières, par Junas et Ganges. Le 20 juillet 1874, elle est prolongée jusqu’au Vigan (longueur totale de 82 km) et le 11
juillet 1881 verra la création d’une relation « Alès- Mas des Gardies- Quissac », avec embranchement à Lézan vers Anduze. Mais l’itinéraire le plus important est créé le 30 septembre 1882, avec la liaison « Saint-Césaire-Sommières-Les Mazes le Crès (non loin de Montpellier) ».
Alors que la relation « Alès-Quissac » pouvait permettre de détourner les trains en cas d’obstruction de la ligne « Alès-Nîmes » (ce fut le cas à l’occasion du tragique déraillement de Nozières en 1957
ou des inondations ayant emporté le pont de Ners en 1958), la ligne « Saint-Césaire–Sommières-Les Mazes Le Crès » était prévue pour permettre des détournements en cas d’obstruction, entre
Nîmes et Montpellier, de la ligne « Tarascon-Sète ». Ces relations présentaient donc un intérêt stratégique particulièrement important, notamment sur le plan militaire en cas de conflit et de
destruction d’ouvrages d’art sur les axes principaux.
On a commencé à voir circuler sur ces lignes, des automotrices à vapeur, ancêtres des autorails, des machines à vapeur remorquant des voitures équipées de banquettes en bois, puis des autorails FNC et enfin des autorails Picasso. La ligne « Lunel –Gallargues–Sommières » sera fermée le 1er juin 1931 pour les voyageurs et, 10 ans plus tard, pour les marchandises.
Pour « Nîmes-le Vigan », les fermetures seront progressives : « Sommières-Le Vigan » le 9 mars 1969, et « Nîmes-Sommières », le 18 janvier 1970.
La SNCF assure ensuite un service routier de substitution, mais ponctuellement des affrètements de trains de voyageurs, nous rappellerons que cette ligne et ses gares constituaient une partie de
l’histoire de notre pays. C’est ainsi que des circulations après fermetures ont eu lieu. Comme anecdote la plus croustillante, on notera la circulation entre Langlade et Ganges, d’un autorail
panoramique pour des élections cantonales, le 24 février 1985. Cet autorail tractant deux remorques a été affrété par M. Cambacérès alors Maire de Sommières. Cette initiative a connu un vif succès de
curiosité auquel on peut ajouter celui de l’élection de son promoteur. Mais encore, le 23 avril 1983, on signalera la circulation d’un autorail panoramique d’études ferroviaires et le 24 mars 1987, celle
d’un train spécial avec voitures grandes lignes, pour l’Amicale laïque de Sommières. En ce qui concerne le trafic marchandises « Ganges-Le Vigan » a fermé le 1er avril 1987. Le 3 octobre 1988,
les inondations emportent la voie entre Caveirac et Saint-Césaire. Elle ne sera pas reconstruite. En 1991, la ligne « Nîmes-Ganges » est définitivement fermée. Autre anecdote, en 1994, 10 jours avant
la dépose des rails, FR3 tourne son émission « Faut pas rêver » en utilisant une camionnette 504 Peugeot sur les rails entre Quissac et l’entrée du Vigan ainsi que vers Alzon et l’Hospitalet du Larzac.
Cette ligne a connu un trafic marchandises important pour l’époque et la gare de Langlade a expédié de nombreux wagons de barriques de vins ou des raisins de table (chasselas). La gare de Langlade a
de même joué un rôle important dans l’approvisionnement en marchandises de la Vaunage, sous l’occupation allemande. Le bâtiment fait partie intégrante du patrimoine que nous avons le devoir
de préserver. Ses infrastructures permettaient aux trains de se croiser et les aiguillages étaient bien évidemment à commandes manuelles. Nombreux sont les collégiens et lycéens à avoir emprunté
l’autorail pour se rendre dans leurs établissements scolaires. Aujourd’hui, le Conseil général du Gard a racheté la voie ferrée pour en faire une « voie verte » à l’usage des promeneurs et autres
cyclistes. La commune a acquis une partie de l’emprise SNCF pour y aménager des activités touristiques et culturelles actuellement à l’étude.
Les capitelles : nombreuse en Vaunage et notamment à Langlade, elles sont souvent enfouies dans la garrigue qui a envahi les terres après la destruction de la vigne par le phylloxéra.
Le vignoble de Langlade
Par un édit du 10 novembre 1696, Louis XIV accorda à Langlade des armoiries « d’Argent à trois échalas de Sinobre », confirmant la notoriété dont jouissaient les vins de Langlade auprès de la cour
royale.
L’implantation du vignoble en garrigues semble remonter à 1597, atteignant 140 hectares en 1652.
Son extension se fait par usurpation souvent des biens communaux au détriment des friches. À l’aube du XIXe siècle, le vignoble occupant 70 % de la culture, devient culture dominante : 600
hectares de vignes à petit rendement. Entre 1873 et 1876, le phylloxéra, petit insecte venu d’Amérique, attaque les racines de la vigne et entraîne la destruction complète du vignoble.
En 1882, la replantation commence pour atteindre 200 hectares en 1904, essentiellement en plaine et coteaux avec des rendements augmentés. Quelques parcelles de vignes subsistent en garrigues
jusqu’en 1960. On est alors loin du vignoble d’antan. Cependant, une partie des vins de Langlade se maintient au premier plan de la qualité, lors de la création des vins délimités de Qualité Supérieure
(VDQS) en 1945, en figurant dans cette classification au même titre que Saint-Georges-d’Orques (Hérault), par exemple.
En 1905 les VDQS « Coteaux du Languedoc » deviennent Vins d’Appellation d’Origine Contrôlée avec, pour seule commune du Gard, Langlade.
C’est ainsi que depuis 20 ans, le vignoble languissant (100 hectares en 2000) se remet à croître en retrouvant le terroir historique du « Vieux Langlade », la garrigue, avec ses sols pierreux brûlés de
soleil, ses senteurs de chênes verts et de genévriers, dans l’espoir que le dynamisme de ses vignerons et de toute la commune sera récompensé par la reconnaissance de son appellation en tant
que crû, appellation historique utilisée au début du XXe siècle et jamais abrogée.
L’église Saint-Julien.